18 octobre 2008
"Le voyage de Yann" : il aime la vie
Un jour de juin 1991, un garçon de douze ans, sauvage, indocile, monte sur le toit d'un des wagons du RER en marche, près de la station Javel. C'est un jeu, le défi d'un gamin sportif qui ne rate jamais ses numéros d'acrobatie. Ce jour-là, il le rate. Il tombe, le train lui sectionne un bras et une jambe. Il est donné comme perdu et certains médecins pensent qu'il vaut mieux débrancher les tuyaux auxquels on l'a relié : son existence ne pourra être qu'un enfer. Mais l'enfant veut vivre, il le fait comprendre. On va le soigner : il fera l'objet de dizaines d'opérations, passera par des souffrances infinies, avant d'être un handicapé farouchement gourmand de la vie.
Calvaire et résurrection
Ce jeune homme, Yann, est le fils de l'écrivain et journaliste au « Canard Enchaîné » Bernard Thomas. Et c'est le père qui fait le récit du calvaire et de la résurrection de son fils dans « Le Voyage de Yann ». Un père qui a assisté à ce long sauvetage médical : « Trente-cinq anesthésies, cent quatre-vingt-quatre litres de sang transfusés, trois arrêts cardiaques, une première opération d'une durée de soixante-douze heures, tous les plus grands chirurgiens penchés sur lui, ceux des os, ceux des organes, ceux des viscères, ils barbotent, ils recousent, recomposent, recomposent, empaquètent. » Mais le livre est surtout la chronique de deux vies parallèles : celle d'un adolescent qui lutte douloureusement et victorieusement contre le désespoir et celle d'un père dont l'esprit rabelaisien change à jamais sous l'effet des angoisses quotidiennes.
Appareillé, ne disposant que d'une liberté relative, Yann s'en est sorti d'une manière superbe : il fait même de la plongée sous-marine. Bernard Thomas n'a pas perdu le goût de sa Bretagne, de la navigation par gros grain et des personnages chavirés qui peuplent les ports de l'Armor. Son livre, cabotant entre les administrations arrogantes et les altruistes au grand coeur, est bouleversé et bouleversant comme un bateau dans la tempête.
GILLES COSTAZ
Le Canard enchainé, 09-2008
"C'est du meilleur Thomas, écrit avec verve et faconde, qui ravale ses larmes dans de grands éclats de rire, bluffé par ce rejeton épatant dont la vitalité ricoche à chaque page" - Frédéric Pagès
Pour en savoir plus :
12 août 2008
Nathalie Dutoit, qualifiée pour concourir avec les valides à Pékin
Nathalie Duthoit, nageuse sud africaine amputée d'un jambe a été qualifié pour concourir aux Jeux Olympiques de Pékin. Elle a rejoint le village Olympique le 8 aout dernier.
Amùputée en 2001 de la jambe gauche à l'âge de 17 ans à la suite d'un accident de scooter, elle reprend rapidement les compétitions de natation et remporte deux médailles d'or aux Jeux du Commonwealth de Manchester dans la catégorie handisport.
Grâce à son temps de 2h02'07''8 qui lui a valu la 4e place du 10 km en eau libre, la Sud-Africaine amputée de la jambe gauche s'est qualifiée pour les JO de Pékin. L'épreuve du 10 km fêtera cette année son entrée dans les disciplines olympiques.
La nageuse de 24 ans, n'a terminé qu'à 5''1 de la gagnante russe Larisa Ilchenko récemment à Séville. La Suissesse Swann Oberson a abandonné.
Pour en savoir plus (en anglais) :
- le site de Nathalie Dutoit : http://www.nataliedutoit.com/
- la page Wikipédia consacrée à Nathalie Dutoit : http://en.wikipedia.org/wiki/Natalie_du_Toit
19 mai 2008
Oscar Pistorius autorisé à participer aux JO
D'après une information AP parue sur le site du Nouvel Observateur, édition du 16 mai 2008 :
L
e sprinter amputé des deux jambes Oscar
Pistorius a gagné en appel vendredi devant le Tribunal arbitral du
Sport et obtenu le droit de participer aux Jeux olympiques de Pékin.
Le TAS a estimé que le Sud-africain de 21 ans était éligible pour les courses réservées aux athlètes valides.
La décision de vendredi va à l'encontre d'une décision imposée par l'IAAF qui avait jugé le 14 janvier que ses prothèses en fibre de carbone lui donnaient un avantage mécanique.
Le TAS a précisé que sa décision, prise à l'unanimité, prenait effet immédiatement.
"Comme vous pouvez l'imaginer, j'ai eu du mal à cacher mon sourire au cours de la dernière heure et demie", a réagi Pistorius devant la presse à Milan. "Je peux sans aucun doute dire que la vérité est sortie. Nous avons encore une fois la possibilité de poursuivre mon rêve de participer à des Jeux, si ce n'est pas en 2008 alors en 2012."
Pistorius doit encore réaliser les minima pour avoir le droit de s'aligner sur le 400m individuel des JO de Pékin (8-24 août). Il peut cependant être retenu dans le relais sud-africain sans se qualifier.
Une audience de deux jours avait eu lieu devant une formation d'arbitres au siège du TAS le mois dernier.
"Oscar sera le bienvenu partout où il souhaite concourir cet été", a déclaré dans un communiqué le président de l'IAAF, Lamine Diack.
Pistorius détient le record du monde paralympique du 400 mètres en 46.56 secondes, mais ce chrono est au-dessus des minima olympiques, fixés à 45.55 et son entraînement a été perturbé par la procédure d'appel.
Même
si Pistorius n'atteint pas les minima, les sélectionneurs sud-africains
pourront inclure l'étudiant de l'université de Pretoria dans l'équipe
du relais 4x400m. Pistorius n'aura pas besoin de se qualifier et pourra
faire le voyage à Pékin en tant que remplaçant. Six coureurs peuvent
être retenus pour l'équipe de relais.
Pistorius a aussi l'intention de participer à Pékin aux Jeux paralympiques (6-17 septembre). La décision du TAS lui permet aussi de se consacrer à la préparation des Jeux olympiques de Londres en 2012.
Le Comité international olympique (CIO) a bien accueilli la décision du TAS.
"Oscar Pistorius est un athlète déterminé et qui a du cran. Il ne fait aucun doute qu'il va désormais mettre toute son énergie pour atteindre les minima olympiques", a estimé le CIO dans un communiqué. "S'il réussit, (le CIO) sera ravi de l'accueillir."
L'IAAF avait basé sa décision de janvier en se basant sur les études du professeur allemand Gert-Peter Brueggemann, qui estime que les prothèses de type "Cheetah" donnent un avantage à son utilisateur.
Les avocats de Pistorius ont contré cet argument avec des tests indépendants réalisés par une équipe dirigée par un professeur du MIT, Hugh M. Herr, qui a affirmé que le sprinter n'était pas avantagé par rapport aux athlètes valides.
"La formation n'a pas été convaincue de l'existence d'un avantage métabolique en faveur d'un double amputé utilisant les prothèses Cheetah Flex-Foot", a jugé le TAS. "Par ailleurs, la formation du TAS a considéré que l'IAAF n'avait pas apporté la preuve que les effets biomécaniques de l'usage d'une telle prothèse donnaient un avantage à Oscar Pistorius par rapport aux autres athlètes n'utilisant pas un tel équipement."
Pistorius est né sans péronés et avait seulement 11 mois quand il a été amputé des deux jambes sous le genou. AP
Lire les informations et voir le reportage de France 2 :
04 mars 2008
Le skieur Matthias Lanzinger amputé après une chute
Article paru dans Le Monde - Edition du 4 mars 208
Le skieur autrichien Matthias Lanzinger, victime
d'une grave chute, dimanche 2 mars, lors de l'épreuve de super-G de la
coupe du monde de ski alpin à Kvitfjell en Norvège, a été amputé à
Oslo, mardi 4 mars, a annoncé la Fédération autrichienne de ski.
"L'aggravation de son état général et les risques pour sa vie ont rendu indispensable une amputation sous le genou immédiate", a expliqué l'angiologue Thomas Hölzenbein, qui a opéré le skieur avec le professeur Lars Engebretsen de l'hôpital Ullevaal à Oslo. "L'état général de Matthias Lanzinger s'en est nettement amélioré. Il n'est plus en ce moment en danger de mort", a ajouté le chirurgien.
L'Autrichien de 27 ans souffrait d'une fracture tibia-péroné accompagnée de graves complications vasculaires et a subi deux lourdes interventions depuis dimanche qui n'ont pas réussi à rétablir la circulation sanguine dans sa jambe gauche. Placé dans un coma artificiel, il a repris conscience mardi.
Entre la chute du skieur, son évacuation en traîneau puis en hélicoptère de tourisme jusqu'à l'hôpital d'Oslo et sa première opération, se sont déroulées six longues heures. Les médecins ont redouté d'entrée une blessure "très importante", le pied s'étant apparemment retourné plusieurs fois sur lui-même, endommageant irrémédiablement la jambe et les tissus, selon le professeur Engebretsen.
UNE AMPUTATION ÉVITABLE SELON LA PRESSE
La
presse autrichienne a vivement critiqué mardi l'organisation des
secours et les conditions de sécurité de l'épreuve de Kvitfjell,
déplorant l'absence d'hélicoptère de secours près de la piste et le
fait que l'hôpital le plus proche, à Lillehammer, n'était pas assez
équipé.
Le quotidien Kurier a notamment évoqué "une série de dysfonctionnements lourde de conséquences", alors qu'en cas de complications vasculaires, chaque seconde compte. Une intervention rapide avait ainsi permis de sauver de l'amputation la légende du ski autrichien Hermann Maier en 2001.
Lors du super-G dimanche, Matthias Lanzinger a été déséquilibré dans sa descente et sa tête a heurté une porte de slalom de plein fouet. Il a ensuite glissé sur la neige, visiblement inconscient, et roulé jusqu'aux filets de protection au bord de la piste.
Voir le site personnel de Mattias (en allemand).
Voir la vidéo de la chute :
Matthias Lanzinger, caduta terrificante
envoyé par james_milan
14 janvier 2008
Oscar Pistorius ne pourra pas participer aux JO de Pékin avec les valides
Article paru dans Le Monde , édition du 14 janvier 2008
Oscar Pistorius, un Sud-Africain de 21 ans amputé sous les deux genoux depuis l'âge de onze mois, rêvait de participer aux Jeux olympiques, qui se tiendront à Pékin du 8 au 24 août. Lundi 14 janvier, la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) a refusé au jeune homme la possibilité de courir avec les valides, jugeant que ses prothèses lui conféraient "un avantage mécanique évident".
Selon les conclusions d'un rapport établi par le professeur Gert-Peter Brüggemann de l'Institut de biomécanique de l'université de Cologne (Allemagne), les "échasses" en fibre de carbone utilisées par l'athlète de Pretoria "doivent être considérées comme une aide technique et, de ce fait, sont clairement en désaccord avec la règle 144.2 de l'IAAF", qui interdit "l'utilisation de tout dispositif technique incluant des ressorts, des rouages ou tout autre élément qui confère un avantage à un athlète par rapport à celui qui n'en utilise pas". Pistorius, à la suite des conclusions du rapport, avait adressé une lettre à l'IAAF qui ne laisse aucun doute sur la volonté de l'athlète de contester "par tous les moyens" la décision.
"IL N'Y A RIEN QUE JE NE PUISSE FAIRE"
L'athlète sud-africain, surnommé "Blade Runner" ("blade" voulant dire "lame" en anglais, en référence aux prothèses qu'il porte, mais aussi au film de Ridley Scott mettant en scène des êtres artificiels), veut qu'on lui reconnaisse le droit de "courir avec les prothèses, sans lesquelles [il] ne pourrai[t] pas marcher".
Oscar Pistorius avait été autorisé à courir sur 400 m à la réunion de la Golden League d'athlétisme de Rome, le 13 juillet.
22 décembre 2007
La solidarité de Calais pour le clandestin au pied broyé
Article paru dans l'édition locale de Libération le 19 décembre 2007
SOCIÉTÉ - Sur
sa table de chevet, à l’hôpital de Dunkerque, il y a des noix, du miel,
du parfum, des livres pour enfants en français. A la fin de l’été,
Hardi Mahadin Amin était encore berger dans les environs de Kirkouk, en
Irak. Aujourd’hui, ce Kurde de 20 ans n’a plus qu’une jambe. Passager
clandestin, il s’était glissé sur un essieu, sous un camion, le
2 novembre, à Vieille-Eglise, entre Calais et Dunkerque. Il croyait
rouler vers l’Angleterre, mais le poids lourd est parti dans l’autre
sens. Quand Hardi a voulu descendre, son pied a été broyé. Septicémie,
sa jambe a été coupée. Il a fallu acheter une prothèse à 4 700 euros,
payée par des dons de Calaisiens.
Racket. Sur son lit d’hôpital, le berger raconte. Cet été, cinq «terroristes» lui volent des moutons dans son village. Il est passé à tabac, les yeux bandés. Il se plaint à la police, deux agresseurs sont arrêtés. Trois autres reviennent, frappent encore. Une lettre arrive : 30 000 dollars (20 800 euros) ou la mort. La famille contacte des passeurs, vend une partie du troupeau, et Hardi fuit en Turquie. Vers la France, il est seul à l’arrière du camion. Coût du voyage : 16 000 dollars (11 100 euros). A Calais, un passeur lui propose dix jours de tentatives vers l’Angleterre pour 200 euros. Un racket : les passeurs tiennent les aires d’autoroute et les parkings. Se glisser dans un camion sans autorisation du passeur, c’est risquer le coup de couteau, alors ceux qui peuvent paient. Au bout de dix jours, si on n’est pas passé, il faut payer encore. Hardi essaie toutes les nuits. Le jour, il dort dans la forêt dans le froid et la pluie, comme environ 300 personnes à Calais en ce moment. Au port, la police le trouve chaque fois. Un autre passeur propose un marché «sûr à 100 %», dit Hardi : 1 800 dollars (1 250 euros) le passage sur les essieux, sous le camion.
C’est la nuit, le 2 novembre. Avec deux autres Kurdes, il se glisse, mal installé. Le poids lourd ne part pas dans la direction convenue. Ils donnent des coups sur la paroi, appellent. Le camion ne s’arrête pas. L’un des trois jette son blouson sur l’asphalte. Les voitures envoient des appels de phares, mais le chauffeur ne s’arrête pas. Les trois garçons bidouillent un tuyau sous le camion, ce qui déclenche un signal. Le chauffeur s’arrête. Deux Kurdes descendent, et tentent de prévenir le chauffeur. Le camion redémarre. Hardi reste coincé, c’est l’accident. Il se coince le pied dans la roue, qui l’arrache.
Le journal Nord Littoral raconte l’histoire. «Ça avait commencé par un fait divers, qu’on a suivi comme on le fait toujours», explique Alexis Thomassin, journaliste. Pour payer la prothèse, l’association Salam (1) demande au journal de publier un appel. Une centaine de personnes ont envoyé des chèques, 10 euros, 20 euros. «Les gens ne roulent pas sur l’or, mais dans un cas pareil la solidarité prend le dessus», veut croire Jean-Claude Lenoir, enseignant à Calais et bénévole à Salam. Ginette (2), 76 ans, ancienne employée : «Je n’ai pas donné grand-chose, j’ai pas beaucoup de moyens. Mes petits-fils ont le même âge, lui, il est tout seul. Je me suis dit : "Mon Dieu, si j’étais à sa place, sans famille sans personne dans un pays où je ne parle pas la langue."» Suzanne, 68 ans, ancienne ouvrière raccommodeuse dans une fabrique de dentelle : «Si ça m’arrivait, j’aimerais être aidée. C’est pas normal que, si jeune, on ait une jambe en moins.»
Rééducation. Hardi a été opéré grâce aux soins d’urgence. Si la Sécu refuse de payer la facture, l’hôpital devra s’en charger. L’association se demande comment financer la rééducation. La souscription reste ouverte. Sur le lit, Hardi sourit tristement. «Avant, j’étais dans le froid, la pluie, la forêt. J’ai demandé à rester en France, mais la police me disait non. Et maintenant que j’ai perdu ma jambe, on s’occupe de moi.» En attendant, des bénévoles passent le voir. «On regarde dans les livres, on rigole. On essaie de parler comme on peut.» C’est surtout Sylvie qui parle. Elle lui raconte qu’il a un joli sourire, des fossettes, et qu’il se trouvera une copine. Elle lui montre la marque du fauteuil roulant : Sadam. Elle se marre. Lui aussi.
Haydée Sabéran
Photo Olivier Touron
(1) Salam comme «Soutenons, aidons, agissons,
luttons pour les migrants et les pays en difficulté», une association
d’aide aux migrants sans-abri de Calais depuis la fermeture du centre
de Sangatte en 2002. www.associationsalam.org
(2) Son prénom a été modifié.
Pour en savoir plus :
- Lire les informations sur le site de l'association SALAM
- Lire les messages sur le forum d'ADEPA
10 août 2007
Les plus anciennes prothèses du gros orteil
Le Musée du Caire, présente une
prothèse du gros orteil formée de bois et de cuir, attachée au pied
d'une momie égyptienne vieille de 1000 à 600 ans av. J.-C. L'existence
de ce type de chirurgie avait été signalée sur une momie égyptienne de
1550 à 1300 av. J.-C. dans un article de la revue Lancet en
2000. Signée par des médecins allemands, l'étude montrait que les
chirurgiens égyptiens avaient amputé le gros orteil puis réalisé une
prothèse pour le pied d'une femme âgée de 50 à 55 ans.
Une telle opération est nécessaire car le gros orteil supporte environ 40 % du poids de la marche, et son absence entraîne un déséquilibre en station verticale et une claudication lors de la course. En Asie, le plus ancien Veda de l'Inde antique (1500-800 av. J.-C.) signale l'existence d'une jambe artificielle en bois. Les prothèses dentaires étaient également un fait courant dans l'Antiquité. Les Egyptiens savaient fabriquer des bridges, qui seront perfectionnés plus tard par les Etrusques, les Phéniciens et les Grecs.
C. Ga.
Article paru dans Le Monde édition du 11 aout 2007
AFP PHOTO THE UNIVERSITY OF MANCHESTER
12 juillet 2007
Oscar Pistorius en compétition avec les valides : une première
Oscar Pistorus, amputé tibial bilatéral à l'âge de 11 mois à cause d'une malformation participe ce dimanche 15 juillet au Norwich Union Grand Prix à Sheffield. Pour la première fois, un athlète handicapé est en compétition avec des athlètes valides pour une compétition de haut niveau. Oscar n'avait malheureusement pas pu participer à une compétition à Saint Denis en ce début de mois de juillet (??) mais il sera également à Rome le 13 juillet.
Oscar court avec deux lames d'athlétisme (Cheetah) qui sont équipées d'une semelle Nike et chacune de ses prothèses pèse 1 kg 800. Il espère courir le 400 m en moins de 46". Il avait remporté des médailles sur le 100, 200 et 400 m à Athènes en 2004. Cette année il a été plus rapide que Marc Raquil sur le 400 m. Il espère être sélectionné pour les Jeux de Pékin en 2008 et pourquoi pas en 2012 et 2016. Il n'a que 20 ans et une longue carrière devant lui.
Extrait d'un article du Monde
Les organisateurs du meeting de Sheffield (Royaume-Uni) ont plus d'un tour dans leur sac. Dans l'attente de la confirmation d'un duel opposant Asafa Powell, le Jamaïcain recordman du monde du 100 m, au nouvel homme fort du sprint américain, Tyson Gay, ils ont imaginé un autre scénario pour le 15 juillet : un tête-à-tête entre l'Américain Jeremy Wariner, champion olympique et champion du monde du 400 m, et... Oscar Pistorius, amputé tibial bilatéral.
Les records personnels de cet étudiant sud-africain de 20 ans (10 sec 91 sur 100 m, 21 sec 58 sur 200 m et 46 sec 56 sur 400 m) ne l'auraient jamais extrait de l'anonymat s'il ne les avait réalisés face à des athlètes valides, alors qu'il court juché sur des lames en fibre de carbone incurvées.
Né sans péronés, Oscar Pistorius a été amputé au-dessous des deux genoux à l'âge de 11 mois. Il a appris à marcher à l'aide de prothèses. C'est pour se consoler d'une blessure au genou qui le forçait à renoncer à son sport favori, le rugby, qu'il s'est mis au sprint en 2004. Depuis, celui qui est surnommé " Blade Runner " n'a pas traîné.
Sélectionné aux Jeux paralympiques d'Athènes, en 2004, il s'est adjugé le titre sur 200 m et s'est classé 3e du 100 m dans la catégorie réservée aux amputés d'une jambe. Fort d'une impressionnante progression chronométrique depuis, il s'est aligné en mars aux championnats d'Afrique du Sud pour valides, se classant 2e du 400 m. De quoi se prendre légitimement à rêver à participer aux Jeux de Pékin d'août 2008.
Quasi simultanément, la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) s'est fendue d'une règle stipulant l'interdiction d'utiliser " des ressorts, des roues ou tout autre élément qui donne à l'utilisateur un avantage sur ses concurrents n'en usant pas ". L'IAAF jure que cette nouveauté réglementaire ne visait qu'à combler un vide juridique afin de recadrer un fabricant américain créateur d'un modèle de chaussures à ressorts.
Par l'entremise d'Elio Locatelli, ancien entraîneur, docteur en physiologie et directeur du développement à l'IAAF, l'instance internationale, qui a provisoirement confirmé le droit de Pistorius à concourir avec les valides, procède à des tests sur l'athlète et ses prothèses. " On pourra ainsi établir une base de données sur le sujet, explique Nick Davies, directeur de la communication de l'IAAF. Il ne s'agit pas d'une bataille, le rêve de Jeux olympiques d'Oscar est compréhensible, mais en l'absence de précédent, nous faisons des études afin de nous assurer que ses prothèses ne lui procurent pas d'avantage, et il y contribue. " (....)
Amputé tibial de la jambe gauche et 4e du 100 m (11 sec 66) paralympique de 2004 dans la catégorie de Pistorius, Dominique André estime que les prothèses du Sud-Africain constituent " un avantage indéniable ". " Il est amputé bilatéralement et très bas, ce qui lui permet d'agrandir artificiellement ses membres inférieurs. Ceux qui ont une jambe valide sont contraints d'ajuster leur prothèse à la même hauteur. Les images des Jeux d'Athènes montrent clairement qu'il rebondit et que le revêtement de la piste l'aide à avancer. Et je l'ai vu prendre de nombreux départs catastrophiques et nous doubler ensuite à grande vitesse. " Le Français souligne également la progression fulgurante d'Oscar Pistorius. " Il ne court que depuis les Jeux d'Athènes, en 2004, rappelle-t-il. Il est passé de 49 secondes et quelque à 46 sec 56 en moins de trois ans. Si un valide réalisait une telle performance, on dirait qu'il est dopé. " (...)
La route est encore longue pour le jeune Sud-Africain. Pour participer aux Jeux de Pékin, il doit satisfaire aux minimas olympiques (46 sec 3 sur 400 m) avant le 23 juillet 2007. S'il n'y parvient pas, la Fédération sud-africaine d'athlétisme pourrait tout de même l'inclure dans son relais, compte tenu de son niveau, sous réserve d'acceptation de l'IAAF.
En attendant, à Sheffield, avec un record personnel à 43 sec 62, Jeremy Wariner devrait distancer Oscar Pistorius d'une bonne vingtaine de mètres.
Article écrit par Patricia Jolly et paru dans le Monde, édition du 30 juin 2007
Pour en savoir plus :
- Voir un reportage sur Oscar Pistorius (en anglais)
- La vidéo du 400 m de la Golden League à Rome (13 juillet 2007)
- L'article du Monde (édition du 30 juin 2007) : Oscar_lemonde0
- L'article du Monde (édition du 14 juillet 2007) : Oscar_lemonde
06 juillet 2007
Guy nous a quitté
Guy, ton enthousiasme et ton appétit de la vie nous manquera beaucoup.
Nous venons d'apprendre avec beaucoup de tristesse la disparition brutale de notre ami Guy. Il avait 58 ans.
Nous
avions revu Guy il y a quelques mois lors de l'Assemblée Générale
d'ADEPA. Il se réjouissait alors de participer au stage de plongée
organisé par Bout de Vie. Malheureusement, il est tombé malade le mois
dernier et avait du annuler ce projet.
La maladie l'a emporté
brutalement. Pourtant, une fois déjà Guy s'était montré le plus fort et
avait déjoué tous les pronostics des médecins qui le croyaient déjà
mort.
Un grand homme nous a quitté. Ayant à peine surmonté ses
propres difficultés, il n'avait eu de cesse de se tourner vers autrui
pour apporter son aide et son réconfort.
Nous ne doutons pas que
partout en France Guy laissera un grand vide pour beaucoup d'entre
nous. Il nous a donné une grande leçon d'humanité.
En ces moments douloureux, nous sommes malheureusement impuissants et nos pensées vont vers sa famille et ses proches.
Retrouvez Guy sur son blog
23 juin 2007
L'ostéointégration : une première en France
Nous vous avions parlé il y a quelques années d'une nouvelle technique de fixation prosthétique appelée ostéointégration (lire http://adepa69.canalblog.com/archives/2007/01/19/index.html
). Pour la première fois en France, deux patients ont été opérés les 7 et 8 juin dernier à Montpellier par les docteurs Branemark et Bertrand. Franck Ridao est l'un de ces deux patients volontaires pour cette nouvelle technique.
En 2006, le docteur Branemark avait organisé une conférence à laquelle avaient assisté une vingtaine de personnes amputées. Pour des raisons diverses, au bout du compte il restait deux personnes Marie Christine et Franck. Après une période de réflexion de quelques mois et avec l'accord des autorités sanitaires françaises, les interventions ont été programmées à la Clinique Saint Roch à Montpellier. La technique d'ostéointégration comporte deux étapes sur le plan chirurgical. La première, celle qui vient d'être réalisée, consiste en la mise en place d'une vis en titane dans le fémur. Cette insertion est consolidée par une greffe osseuse et la peau du moignon est refermée.
Cette première intervention s'est très bien passée pour Marie Christine et Franck, et ils ont quitté la clinique dès le quatrième jour. Pendant leur hospitalisation, ils avaient reçu la visite de Martha, jeune femme espagnole qui a déjà bénéficié de l'ostéointégration.
La phase de cicatrisation et de consolidation durera environ six mois mais dès le mois prochain une nouvelle emboîture sera réalisée pour leur permettre de marcher jusqu'à la deuxième intervention, programmée au début de l'année 2008. Il s'agira alors de mettre en place la pièce externe sur laquelle viendra se fixer la prothèse.
Le coût total (matériel d'implantation, interventions et hospitalisations), est estimé à 35 à 40 000 €. Il n'est pas pris en charge par la Sécurité Sociale en France et reste donc intégralement à la charge des patients volontaires.
Pour bénéficier d'une ostéointégration, il faut aussi répondre à plusieurs critères : être en bonne santé pour supporter les interventions et avoir des os de bonne qualité pour que l'implant soit bien fixé.
Le diabète ou les maladies des vaisseaux, comme l'artérite, ne permettent pas de bénéficier de cette intervention. Car cette technique a une limite : le risque possiblement élevé d'infections à cause de la pièce intermédiaire, la tige qui relie la prothèse à l'implant osseux. Ce risque est redouté par les chirurgiens français, car l'infection du moignon peut nécessiter une nouvelle amputation, plus large encore. Il faut donc bien peser les risques et les bénéfices de l'ostéointégration. A ce jour, peu de patients opérés ont été opérés, ils sont 200 environ dans le monde.
Cependant cette technique chirurgicale représente potentiellement une révolution pour certains amputés, notamment ceux dont l'appareillage n'est pas satisfaisant avec les techniques prothétiques actuelles. Nous suivrons avec beaucoup d'attention ce qui se passera dans les mois qui viennent et en particulier l'année prochaine lorsque Marie Christine et Franck passeront à la 2éme étape et seront équipés d'une prothèse ostéointégrée.
Si vous le souhaitez, vous pouvez dialoguer en direct avec Franck sur le forum d'ADEPA : rubrique Actualités, pseudo Francky34 (http://adepa.forumactif.com/Vie-associative-c1/Actualites-f6/l-osteointegration-t383.htm)
Pour en savoir plus :
- Le site du Pr Branemark : http://www.branemark.com/
- Voir le reportage de France 2 : http://www.dailymotion.com/adepa/video/x29okr_journal-de-20h-fr2-130607
- Télécharger un article en français sur l'ostéointégration (branemark)

























