Nous vous avions parlé il y a quelques années d'une nouvelle technique de fixation prosthétique appelée ostéointégration (lire http://adepa69.canalblog.com/archives/2007/01/19/index.html Osteo). Pour la première fois en France, deux patients ont été opérés les 7 et 8 juin dernier à Montpellier par les docteurs Branemark et Bertrand. Franck Ridao est l'un de ces deux patients volontaires pour cette nouvelle technique.

En 2006, le docteur Branemark avait organisé une conférence à laquelle avaient assisté une vingtaine de personnes amputées. Pour des raisons diverses, au bout du compte il restait deux personnes Marie Christine et Franck. Après une période de réflexion de quelques mois et avec l'accord des autorités sanitaires françaises, les interventions ont été programmées à la Clinique Saint Roch à Montpellier. La technique d'ostéointégration comporte deux étapes sur le plan chirurgical. La première, celle qui vient d'être réalisée, consiste en la mise en place d'une vis en titane dans le fémur. Cette insertion est consolidée par une greffe osseuse et la peau du moignon est refermée.

osteo2Cette première intervention s'est très bien passée pour Marie Christine et Franck, et ils ont quitté la clinique dès le quatrième jour. Pendant leur hospitalisation, ils avaient reçu la visite de Martha, jeune femme espagnole qui a déjà bénéficié de l'ostéointégration.

La phase de cicatrisation et de consolidation durera environ six mois mais dès le mois prochain une nouvelle emboîture sera réalisée pour leur permettre de marcher jusqu'à la deuxième intervention, programmée au début de l'année 2008. Il s'agira alors de mettre en place la pièce externe sur laquelle viendra  se fixer la prothèse.

Le coût total (matériel d'implantation, interventions et hospitalisations), est estimé à 35 à 40 000 €. Il n'est pas pris en charge par la Sécurité Sociale en France et reste donc intégralement à la charge des patients volontaires.

osteo1Pour bénéficier d'une ostéointégration, il faut aussi répondre à plusieurs critères : être en bonne santé pour supporter les interventions et avoir des os de bonne qualité pour que l'implant soit bien fixé.

Le diabète ou les maladies des vaisseaux, comme l'artérite, ne permettent pas de bénéficier de cette intervention. Car cette technique a une limite : le risque possiblement élevé d'infections à cause de la pièce intermédiaire, la tige qui relie la prothèse à l'implant osseux. Ce risque est redouté par les chirurgiens français, car l'infection du moignon peut nécessiter une nouvelle amputation, plus large encore. Il faut donc bien peser les risques et les bénéfices de l'ostéointégration. A ce jour, peu de patients opérés ont été opérés, ils sont 200 environ dans le monde.

osteo3Cependant cette technique chirurgicale représente potentiellement une révolution pour certains amputés, notamment ceux dont l'appareillage n'est pas satisfaisant avec les techniques prothétiques actuelles. Nous suivrons avec beaucoup d'attention ce qui se passera dans les mois qui viennent et en particulier l'année prochaine lorsque Marie Christine et Franck passeront à la 2éme étape et seront équipés d'une prothèse ostéointégrée.

Si vous le souhaitez, vous pouvez dialoguer en direct avec Franck sur le forum d'ADEPA : rubrique Actualités, pseudo Francky34 (http://adepa.forumactif.com/Vie-associative-c1/Actualites-f6/l-osteointegration-t383.htm)

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