pirate2Début septembre je me suis rendu à l'aéroport de Roissy (Terminal 1) pour prendre l'avion pour Athènes. Une fois l'enregistrement effectué, nous nous présentons à l'embarquement sans passer par un contrôle aux frontières puisque nous sommes dans l'Union Européenne et plus particulièrement l'espace Schengen. Je pose mon bagage de cabine sur le tapis du scanner et passe sous le portique qui sonne comme d'habitude à cause de ma prothèse. Je signale à la personne du contrôle que je suis porteur d'une prothèse et un contrôle manuel est effectué comme cela est normal. Jusqu'ici pas de problème ...

A partir de là çà se gâte. Une autre personne me redemande mon passeport et ma carte d'embarquement, tout ceci sans explications puis je les entends converser à voix basse. Au bout de 30 secondes, comme on ne m'explique toujours rien, je demande ce qui se passe. On me rétorque que "dans ma situation", un contrôle par un policier de la Police de l'Air et des Frontières s'impose et qu'il faut que j'attende qu'il arrive. Dans le même temps, on note mon identité et mon adresse et on ne me rend toujours pas mon passeport, on se sait jamais ...

Je commence à m'énerver, le policier bien sûr n'arrive toujours pas (cela durera près de 10 minutes) et je leur demande la justification de cette façon de faire inhabituelle pour moi, dans la mesure où je prends l'avion plus de 10 fois par an et que je n'ai jamais vu cela. On me répond que "c'est comme çà au Terminal 1 à Roissy" ...

Le policier finit par arriver, il regarde à peine ma prothèse et part avec mon identité sans plus d'explication : "Si vous n'êtes pas content, vous n'avez qu'à écrire à la Directrice de la PAF ..."

Je suis ulcéré de cette façon de faire. J'ai pris l'avion cette année dans 3 aéroports différents aux USA, en Angleterre, en Espagne et en Italie (4 pays plutôt dans le collimateur des terroristes) sans parler de la Suisse et je n'ai jamais vu çà. Partout j'ai été contrôlé par le même personnel que le voyageur lambda et on n'a jamais relevé mon identité. Je ne parle pas de la correction limite des personnes en question. Pas un mot d'excuse pour le contretemps ou le désagrément, ce que font généralement les personnes qui nous contrôlent.

terminator_armAvez vous vécu des expériences similaires ? Je pense qu'il ne faut pas accepter ces excès de zèle ou ce délire sécuritaire, sinon ils nous feront bientôt retirer la prothèse pour la passer au scanner ou pire pour la mettre en soute "au cas ou"...

18776013_w434_h_q80Quelques personnes bien intentionnées ont peut-être été inquiétées par le personnage de Cherry dans le film Planet Terreur réalisé par Roberto Rodriguez (voir ci contre) ... Il faut peut être leur rappeler qu'il est plus facile de se faire implanter un explosif liquide et un système de mise à feu type pacemaker ou défibrillateur implantable, que de se faire amputer une jambe pour planquer une arme dans la prothèse ... (voir photos ci contre et ci dessus)

Merci de vos commentaires, j'ai l'intention d'écrire à ce sujet à la direction d' Aéroports de Paris.

Charles Santré


A ce sujet, l'Union Européenne a renforcé les droits des passagers aériens handicapés en 2006. Il est précisé à l'article 11 que l'"entité gestionnaire fournit à l'ensemble de leur personnel travaillant à l'aéroport en contact direct avec les voyageurs une formation de sensibilisation au handicap et sur l'égalité face au handicap". Ce qui veut dire clairement que le personnel de contrôle doit savoir ce qu'est une prothèse et ne pas faire appel à un policier.

Vous pouvez télécharger le règlement (CE) n° 1107/2006 du Parlement européen et du Conseil, du 5 juillet 2006, concernant "les droits des personnes handicapées et des personnes à mobilité réduite lorsqu'elles font des voyages aériens." :